Méditations suivies : La première épître aux Corinthiens (2)

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LA PREMIERE EPITRE AUX CORINTHIENS (2)

 
 CHAPITRE 2

      
Le mystère de Dieu (v. 1 à 16)
 
                        Le témoignage de Dieu (v. 1-5)

              Paul revient maintenant sur sa prédication de l'évangile déjà évoquée au chapitre premier : « ... non pas avec sagesse de parole, afin que la croix du Christ ne soit pas rendue vaine » (1 : 17). En Actes 18, Luc parle de la première visite de l'apôtre à Corinthe. Paul avait demeuré chez Aquilas et Priscilla, un couple chrétien fidèle, et il gagnait son pain en faisant des tentes. Dès le début de son séjour, les Juifs avaient rejeté son message, et plus tard, ils l'avaient même accusé devant le proconsul Gallion. En 1905, on a trouvé à Delphes une pierre avec une inscription où il est fait mention du nom de Gallion, proconsul de l'Achaïe. Cette inscription, qui confirme l'exactitude du récit de Luc et la vérité de la Parole, date probablement de l'an 52 après Jésus Christ.
            Malgré tout, Paul est resté sur l'ordre du Seigneur un an et demi dans cette ville.

            Il nomme ici son message : « le témoignage de Dieu » (v. 1). Quelques manuscrits grecs lisent : « le mystère de Dieu », mais les versets suivants, jusqu'au chapitre 3 (v. 2), montrent que Paul ne pouvait pas encore leur communiquer ce mystère aux Corinthiens, à cause de leur état.
            Jean emploie la même expression dans sa première épître, quoique avec un sens un peu différent (1 Jean 5 : 9-11). Il s'agit du plus important témoignage qui ait jamais été annoncé sur la terre : il contient le jugement de Dieu sur l'homme déchu et son plan de salut par la mort de Christ sur la croix. Ce témoignage de Dieu n'a aucunement besoin de l'appui de la rhétorique ou de la sagesse humaines. L'homme déchu en retirerait à nouveau de l'honneur. En venant à Corinthe, l'une des plus grandes villes de Grèce, Paul, Juif doué et instruit, de la métropole culturelle de Tarse, n'avait qu'un but. Il voulait prêcher là un seul message : « Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié » (v. 2). Ces paroles impliquent certainement l'œuvre de la rédemption. Mais elles expriment avant tout que le Seigneur Jésus, méprisé et rejeté, avait souffert la mort la plus honteuse que les hommes de ce temps-là pouvaient alors s'imaginer. Ce message renferme donc la plus grande opposition possible avec la recherche humaine de l'estime de l'honneur et de la gloire.
            Lorsque Paul mentionne ici que c'est dans la faiblesse, dans la crainte et un grand tremblement qu'il s'est trouvé à Corinthe la première fois (v. 3), il avait bien des motifs d'éprouver de l'anxiété à cause de l'opposition acharnée des Juifs. Ce qu'il dit ici explique l'encouragement que le Seigneur lui avait adressé antérieurement, une nuit : « Ne crains pas, mais parle, ne te tais pas, parce que je suis avec toi ; et personne ne mettra les mains sur toi pour te faire du mal, parce que j'ai un grand peuple dans cette ville » (Actes 18 : 10). Combien d'évangélistes et de témoins du Seigneur connaissent dans certaines occasions la même expérience que Paul alors ! Aujourd'hui encore, le Seigneur fortifie et encourage ses serviteurs.

            Toutefois, la crainte de l'apôtre n'était pas uniquement due aux attaques de l'ennemi. Face à ces hommes de Corinthe, imbus d'eux-mêmes, il ne pouvait pas se présenter dans la même attitude. Il était conscient de sa faiblesse. Mais c'était justement dans cette faiblesse que résidait sa force (2 Cor. 12 : 10) ! Sa parole (la forme de son message) et sa prédication (son contenu) n'étaient donc pas non plus caractérisées par un don de persuasion et par la sagesse humaine. En serviteur fidèle de Christ, il renonçait à tous les procédés rhétoriques de la chair. Ni le thème de la prédication (v. 1- 2), ni l'attitude du serviteur (v. 3), ni la forme du message (v. 4) ne laissaient la moindre place à la chair.
            Le Saint Esprit, que Paul mentionne ici pour la première fois dans cette épître, prend dans la suite de ce chapitre une place essentielle. Il est manifeste que là où la chair se déploie, le Saint Esprit ne trouve pas de place. Pour que l'Esprit puisse agir en puissance, il faut donc que la chair avec ses supposés « dons et prétentions » disparaisse. Ainsi la « démonstration de l'Esprit et de puissance » est mise en contraste flagrant avec les « paroles persuasives de sagesse » (v. 4).

            Lorsque par une telle prédication de l'évangile, des hommes sont amenés à une foi vivante dans le Seigneur Jésus, il est clair que cela n'a pas eu lieu par l'intelligence ou des capacités humaines, mais c’est dû uniquement à l'action du Saint Esprit. Bien que la prédication ait été faible en apparence, elle manifestait en réalité la puissance de Dieu. Ainsi dès le début, l'apôtre tendait à ce que la foi des rachetés repose, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. Ceci n'était cependant pas seulement le désir de l'apôtre, mais c'était l'intention de Dieu. Celui qui se laisse convaincre par des arguments habiles ne peut se sentir sûr que jusqu'à ce que quelqu'un vienne avec de meilleurs raisonnements et renverse tout. Celui qui, toutefois, s'appuie sur le témoignage de la Parole de Dieu, sait que, derrière elle, il y a toute la puissance de Dieu. Elle est expérimentée par la foi. Elle transporte le pécheur du milieu des ténèbres dans la merveilleuse lumière de Dieu, elle donne la vie éternelle à celui qui était mort dans ses fautes et dans ses péchés, et elle se manifeste chaque jour dans la vie du croyant qui se confie en elle.

 
                         La vraie sagesse (v. 6-16)
 
            Jusqu'ici, l'apôtre avait opposé la simplicité et l'apparence méprisable du message de l'évangile à la sagesse humaine tant prisée par les Corinthiens charnels. Il leur fait savoir maintenant que les messagers du Christ avaient eux aussi une sagesse à prêcher. Cette sagesse n'était cependant pas destinée à l'homme naturel, mais aux « parfaits ».
            Le terme « parfait » (en grec : teleios, teleioô) a trois significations dans le Nouveau Testament en rapport avec la vie spirituelle :

                        - Le croyant est rendu parfait par l'œuvre de Christ. Cette perfection caractérise sa position en Christ (Héb. 10 : 14) qu'il a reçue par la grâce de Dieu. Il n'a lui-même contribué en rien à cette perfection.

                        -  De même que l'homme naturel doit croître pour atteindre sa pleine stature, de même le chrétien doit tendre à devenir parfait pratiquement, c'est-à-dire qu’il doit aussi connaître sa position devant Dieu, la prendre et y vivre (1 Cor. 2 : 6 ; Phil. 3 :15 ; Héb. 5 : 14). Cette perfection n'est toutefois pas une perfection exempte de péché, comme l'enseignent plusieurs.

                        -  Ce n'est que lorsque le Seigneur reviendra pour prendre à Lui tous les croyants qu'une perfection définitive à tous égards sera introduite (1 Cor. 13 : 10). Alors les croyants seront rendus parfaits quant au corps, à l'âme et à l'esprit (Phil. 3 : 12).

            Les parfaits dont parle ici l’apôtre (v. 6) ne sont toutefois pas les érudits de ce monde, ce sont les croyants qui vivent et marchent dans la pleine conscience de leur position en Christ comme enfants de Dieu, c'est-à-dire sont adultes dans la foi ! On ne pouvait pas en dire autant des Corinthiens, comme le montrent clairement les versets 1 et 2 du chapitre 3.
            L'apôtre énumère d'abord dans les versets 6 à 10 sept caractères de cette sagesse. Il montre ensuite (v. 11-16) comment elle est révélée, communiquée et comprise. Mais il ne pouvait pas communiquer le contenu du mystère qu'elle renfermait aux Corinthiens à cause de leurs pensées charnelles. En raison de leur état, ils étaient incapables de le comprendre.
 

                        Les sept caractères de la sagesse divine :

                            - Le premier caractère de la sagesse annoncée par l'apôtre était qu'elle n'avait rien de commun avec celle de ce monde et des chefs de ce siècle. Contrairement à cette sagesse, tant les idées que les acquis des « grands » de ce monde tombent vite dans l'oubli.

                            - Le deuxième caractère de cette sagesse met en évidence le contraste avec la prétendue sagesse des grands de ce monde : il s'agit de la sagesse de Dieu qui, en Romains 16 : 27, est appelé le « Dieu qui seul est sage ».

                            - Troisièmement, il s'agit d'une sagesse cachée à l'intelligence naturelle de l'homme, qui prend par là même la forme d'un mystère. Ce mystère, dont l'apôtre Paul parle si souvent dans ses épîtres, n'était pas révélé dans l'Ancien Testament. Toutefois, après l'accomplissement de l'œuvre de la rédemption par le Seigneur Jésus, il est pleinement exposé dans les écrits de l'apôtre Paul (Rom. 16 : 25, 26 ; Eph. 3 : 4-6, 9). Seuls les croyants spirituels peuvent le comprendre. Or ce n'était pas le cas des Corinthiens. C'est pourquoi Paul ne pouvait pas leur communiquer ici le contenu de ce mystère : Christ, l'homme glorifié, est assis maintenant à la droite de Dieu et, comme chef sur toutes choses, Il est aussi la tête de l'assemblée qui, étant son corps, sera éternellement unie à lui dans le ciel.

                            - Quatrième caractère de cette sagesse : elle était préétablie dans le conseil éternel de Dieu pour la gloire de ses enfants. Dès avant la fondation du monde, c'est-à-dire avant la création de l'univers, le Fils bien-aimé du Père a été préconnu pour accomplir, comme Agneau de Dieu, l'œuvre de la rédemption par laquelle les croyants, élus en lui, sont éternellement bénis (Jean 17 : 24 ; 1 Pier. 1 : 20 ; Eph. 1 : 4).

                            - Le cinquième caractère de cette sagesse est qu'elle n'a été connue par aucun des chefs intellectuels ou politiques de ce siècle. La preuve en est qu'ils ont crucifié le Seigneur Jésus. Ils ont vu en lui l'homme méprisé, mais n'ont pas discerné qu'il est en réalité le Seigneur de gloire.

                            - Sixième caractère : cette sagesse est inaccessible à l'intelligence de l'homme naturel. Paul ne cite pas ici Esaïe 64 : 4 pour montrer que ces choses sont trop élevées pour être comprises. Mais la citation signifie d'un côté que l'œil, l'oreille et le cœur de l'homme naturel ne peuvent pas les discerner, et de l'autre, qu'elles n'étaient pas encore dévoilées au temps de l'Ancien Testament.

                            - Cela nous amène au septième caractère de cette sagesse : elle a été révélée par l'Esprit de Dieu. Ceci ne pouvait avoir lieu qu'après la glorification du Seigneur Jésus dans le ciel et la venue du Saint Esprit sur la terre (Jean 7 : 39 ; 16 : 12-15).

                        La communication de la sagesse divine

            En rapport direct avec ce qui précède, l'apôtre Paul présente dans les versets 10 à 16 les quatre étapes de la communication et de l'appropriation de cette sagesse divine. Quand il dit « nous », il entend par là en premier lieu, comme le montre le contexte, les témoins choisis par Dieu, c'est-à-dire les apôtres et les prophètes du Nouveau Testament (Eph. 3 : 5).
                       
                   - Premièrement, Dieu leur avait révélé par son Esprit le mystère de sa sagesse, car personne d'autre que Dieu lui-même ne pouvait le faire. En contraste avec les prophètes de l'Ancien Testament, l'Esprit habitait maintenant en eux. Et de même que seul l'esprit de l'homme sait ce qui se passe dans l'homme, de même seul l'Esprit de Dieu connaît les pensées de Dieu.

                   - Si donc une personne de la Déité, qui sonde les choses profondes de Dieu, habite dans un homme, celui-ci peut alors connaître aussi et comprendre les vérités et les bénédictions qui lui sont données de Dieu ! Les prophètes de l'Ancien Testament ne comprenaient souvent pas ce qu'ils annonçaient (1 Pier. 1 :10). Paul en revanche pouvait parler de son intelligence dans le mystère du Christ (Éph. 3 : 4).

                   - La troisième étape est la communication de cette vérité (v. 13). Les paroles de Paul y font clairement allusion aux versets 1 à 5 ; nous voyons par là qu'il s'agit de la prédication des apôtres et non pas de la prédication de la Parole en général. Ceci est confirmé par la déclaration : « en paroles enseignées de l'Esprit ». Lorsque le message et les paroles sont donnés par le Saint Esprit, nous avons directement affaire à l'inspiration divine. Aujourd'hui, aucun serviteur du Seigneur ne peut prétendre être inspiré de Dieu. Mais les apôtres et les prophètes appelés par Dieu du Nouveau Testament ont transmis la vérité divine sous l'inspiration du Saint Esprit, d'une manière infaillible et sans faute, bien qu'ils aient été, comme hommes, aussi imparfaits que nous (2 Tim. 3 : 16 ; 2 Pier. 1 : 21).

                   - Comme quatrième et dernière étape vient l'appropriation de la vérité divine par les auditeurs et les lecteurs de la Parole de Dieu (v. 14-16). Comme nous l'avons déjà vu en considérant les versets 6 à 9, l'homme naturel, qui n'est pas né de nouveau, est incapable de saisir ce que le Saint Esprit dit par la Parole de Dieu : elle est folie pour lui (comp. 1 : 18). Seul celui qui est de nouveau et se laisse conduire par l'Esprit qu'il a reçu de Dieu peut vraiment comprendre la Parole de Dieu et en retirer une réelle bénédiction. Il est un homme spirituel, qui est capable de discerner et d'apprécier justement toutes choses. Celui qui ne possède pas l'Esprit Saint, ou qui n'est pas spirituel, ne peut pas porter un jugement sur un tel chrétien.

            Combien donc les Corinthiens se trompaient en pensant que la sagesse humaine pouvait rendre l'évangile encore plus grand. Un homme peut-il instruire Dieu ? Paul ajoute cette question en citant Esaïe 40 : 13. Il leur montre ainsi qu'ils faisaient complètement fausse route en recherchant la sagesse humaine. Le vrai chemin est tout autre. Il leur présente alors pour finir Christ, et la pensée de Christ. Tout chrétien a reçu l'Esprit de Dieu comme conducteur pour sa vie, et s'il se laisse diriger par lui, il sera amené à manifester la pensée de son Seigneur dans sa vie. Combien les Corinthiens en étaient encore éloignés !
 
 

                                                                                                   A. Remmers