Méditations suivies : L'épître aux Galates (3)

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L’EPITRE AUX GALATES (3)

 
 CHAPITRE 3

     1 -  La grâce et la Loi : v. 1-5
     2 -  La foi d’Abraham sans la Loi : v. 6-9
     3 -  La malédiction de la Loi : v. 10-14
     4 -  La Loi et la promesse : v. 15-18           
     5 -  La Loi, conducteur jusqu’à Christ : v. 19-29


1 -  La grâce et la Loi : v. 1-5
 
 
                        1. 1 La folie des Galates

            Le moment est maintenant venu pour l'apôtre d'adresser aux Galates un appel très précis.
            Il les appelle « insensés », car ils n'avaient pas eu l'intelligence spirituelle suffisante pour discerner où les faux docteurs les conduisaient. Ils avaient été comme ensorcelés et sous le charme des séducteurs. Ils avaient été menés tout près de l'horrible conclusion que Christ était mort pour rien - que sa mort n'avait été en fait qu'une immense erreur. Ils étaient au bord de ce précipice, et le raisonnement serré de l'apôtre venait leur révéler le danger en jetant comme un éclair de lumière au milieu de leurs ténèbres.
            Leur folie était d'autant plus marquée qu'ils avaient une fois bénéficié d'une prédication fidèle, leur présentant Christ crucifié. Paul lui-même les avait évangélisés. Parmi les Galates comme parmi les Corinthiens, la croix avait été son grand sujet. Jésus Christ leur avait été dépeint, comme s'il avait été crucifié sous leurs yeux mêmes.

                        1. 2 Comment l’Esprit avait-il été reçu ?

            De plus, comme résultat de leur réception de la parole de la croix apportée par Paul, les Galates avaient reçu le Saint Esprit (v. 2). Or de quelle manière et sur quelle base l'avaient-ils reçu ? Sur la base « des œuvres de loi » ou sur celle de « la foi qui écoute » (v. 2) ? Il n'y avait qu'une réponse possible à cette question. Et Paul savait très bien que les Galates n'allaient pas répondre : Nous avons reçu l'Esprit sur le principe des œuvres de loi.
            C'est pourquoi il ne s'arrête pas pour répondre mais continue directement, au verset 3, en posant d'autres questions qui découlent de la précédente. Ayant reçu l'Esprit par la foi qui écoute, allaient-ils être rendus parfaits « par la chair » ? Dieu commence-t-Il avec nous sur la base d'un certain principe, puis amène-t-Il des choses à bien sur la base d'un autre principe, opposé au premier ? Les hommes sont assez versatiles pour faire de tels changements lorsque leurs plans échouent. Mais Dieu n'est pas versatile. Il n'arrive jamais que ses plans échouent et qu’Il doive les changer. Les Galates étaient insensés, mais l’étaient-ils au point d'imaginer cela ? Etaient-ils disposés à changer ainsi de cap et à rejeter comme étant sans valeur ce qu'ils avaient auparavant retenu et ce qu'ils avaient accepté, de sorte que toutes leurs souffrances pour Christ devaient être considérées comme vaines et inutiles (v. 4) ? La simple lecture de ces questions nous fait sentir leur portée écrasante.
            Pourquoi l'apôtre parle-t-il de « la chair » ? Premièrement parce qu'elle est particulièrement opposée à l'Esprit, et deuxièmement parce qu'elle est liée à la Loi.

            La chair complète le groupe de quatre explicité dans les versets 2 et 3 :
                        -La foi et l'Esprit sont étroitement liés. L'Esprit est reçu comme le résultat de la foi, et Il est la puissance de la vie nouvelle que nous avons en Christ.
                        -La Loi et la chair sont également liées. La Loi a été donnée pour que la chair l'accomplisse, si elle en était capable, et l'expérience a montré qu'elle ne l'était pas. La Loi a été incapable de mettre un frein efficace aux penchants de la chair, car la chair « ne se soumet pas à la loi de Dieu ; en effet, elle ne le peut même pas » (Rom. 8 : 7).
            Pourtant les Galates étaient tentés de se tourner de l'Esprit tout-puissant vers la chair, qui, bien que puissante pour faire le mal, est totalement incapable de faire le bien. C'était vraiment un comportement insensé !

                        1. 3 L’action de l’Esprit de Dieu parmi les Galates

            Au verset 5, l'apôtre répète la question du verset 2 mais sous une autre forme. Au verset 2, la question concernait les Galates. Comment avaient-ils reçu l'Esprit ? Ici, elle le concerne lui-même. De quelle manière et sur la base de quel principe avait-il travaillé lorsqu'il était venu leur apporter le message de l'évangile ? Des miracles avaient été opérés au milieu d'eux, et ils avaient reçu l'Esprit de Dieu après avoir cru à l'évangile. Tout cela était-il sur la base des œuvres ou de la foi ? A nouveau, l'apôtre ne s'arrête pas sur la réponse, sachant bien qu'il n'y en a qu'une à donner. Et il aborde d'emblée l'exemple d'Abraham pour amener les Galates à réaliser que, bien avant l'institution de la Loi, Dieu avait établi la foi comme le moyen de bénédiction de l'homme.

 

2 -  La foi d’Abraham sans la Loi : v. 6-9

                        2. 1 Abraham justifié par la foi

            En fait, c'est dès le commencement que la foi est le moyen de la bénédiction. Le chapitre 11 de l'épître aux Hébreux nous l'enseigne de façon éloquente. Et dans l'Ancien Testament, c'est par l'exemple d'Abraham que cela est clairement mis en lumière. « Il crut l'Eternel ; et il lui compta cela à justice » (Gen. 15 : 6). Ce verset est cité ici ainsi qu'en Romains 4 : 3 et en Jacques 2 : 23. Abraham était le père de la race juive, qui avait le signe extérieur de la circoncision, mais il était aussi, dans un sens profond et spirituel, « le père de tous ceux qui croient » (Rom. 4 : 11).

            Les docteurs « judaïsants » avaient essayé de persuader les Galates d'adopter la circoncision, pour se placer de cette manière dans une sorte de position juive, en devenant extérieurement des enfants d'Abraham. En comparaison de la position des Israélites de naissance, cela n'aurait été qu'une faible imitation. Et surtout, s'ils étaient « sur le principe de la foi », c'est-à-dire des croyants, ils étaient enfants d'Abraham dans le sens le plus profond (v. 7).

                        2. 2 L’introduction des croyants dans la bénédiction d’Abraham

            Chaque croyant est un enfant d'Abraham dans un sens spirituel ; de plus, comme le verset 9 nous le montre, chaque croyant est introduit dans la bénédiction d'Abraham. Le verset 8 indique en quoi elle consistait. Ce n'était pas seulement sa bénédiction personnelle, mais le fait qu'en lui toutes les nations seraient bénies. Non seulement il serait considéré comme juste devant Dieu et jouirait des bénédictions liées à cette justice, mais des myriades d'entre les nations jouiraient d'une faveur similaire qui leur serait conférée en lui.

            Mais pourquoi en Abraham ? Comment est-ce possible ? Il est utile de lire les passages de la Genèse qui l’expliquent. La première fois que la promesse de la bénédiction a été faite au patriarche, c'est lorsqu'il a entendu pour la première fois l'appel de Dieu (Gen. 12 : 3). Puis cette promesse a été confirmée au chapitre 18 : 18. Ensuite, au chapitre 22 : 16-18, la promesse a été complétée. Nous découvrons là que son accomplissement sera réalisé par sa « descendance » - « qui est Christ », comme le dit le verset 16 de Galates 3. Plus tard, la promesse a été confirmée à Isaac et à Jacob (Gen. 26 : 4 ; 28 : 14) ; et dans les deux cas, « la semence » est mentionnée. Une fois introduite, la descendance n'est jamais omise ; car en réalité, tout dépend de Christ pour l'accomplissement de la promesse.

            Ainsi la bénédiction était en Abraham uniquement parce que Christ, selon la chair, descend du patriarche. Les Juifs se glorifiaient en Abraham comme s'il était en lui-même d'une importance suprême ! Les Galates, quant à eux, avaient été tentés de s'associer avec Abraham en adoptant son alliance de circoncision. Or ce qui avait une réelle valeur ne résidait pas en Abraham, mais en Christ. Et la circoncision même, qui devait les unir extérieurement à Abraham, les coupait virtuellement de Christ (voir 5 : 1) - en qui l'on trouve tout, non pas extérieurement mais intérieurement et d'une manière vitale.

            Dès le commencement, Dieu prévoyait de bénir les nations par la foi. Ce n'est pas une chose à laquelle il a pensé plus tard. Quelle grâce dans son dessein ! Et quel encouragement pour nous de le connaître ! Dieu a appelé Abraham hors de nations tombées dans la corruption, afin de pouvoir, en dépit de toutes les défections qui ont marqué son peuple, préserver une descendance sainte de laquelle pourrait surgir, au moment opportun, Celui dans lequel toutes les nations seraient bénies, ainsi qu'Abraham lui-même. Par conséquent, c'est sur le principe de la foi que les nations doivent être bénies, comme Abraham l'a été, et non sur le principe d'œuvres de loi !

            Dieu est omniscient. Il prévoit tout ce qu'il fera, en dépit des événements qui peuvent intervenir. Ici pourtant, cette omniscience est attribuée à l'Ecriture. C'est un fait très remarquable. La Parole de Dieu est de Lui, elle vient de Lui, et ainsi elle est si proche de Lui qu'elle est identifiée à Lui. Que les hommes soient prudents quant à la manière dont ils la traitent ! Certains la nient et la ridiculisent ouvertement ; d’autres prétendent l'honorer et pourtant la corrompent. Les uns et les autres auront finalement affaire en jugement avec le Dieu dont elle est la Parole. Malheur à eux !

            L'Ecriture elle-même le prévoit et annonce à l'avance la ruine de ces hommes.

            Ce troisième chapitre est rempli de contrastes du début à la fin. D'un côté, nous avons la Loi et les œuvres qu'elle demandait, la chair à laquelle les exigences de la Loi s'adressaient, et la malédiction qui devait s'abattre sur elle lorsqu’il s’avérait que les exigences de la Loi n'étaient pas respectées. De l'autre côté nous trouvons la foi de l'évangile, l'Esprit qui a été donné, et les bénédictions que Dieu a accordées. Nous avons parlé de contrastes, mais en réalité il n’y a qu'un contraste, avec différents aspects.

  

3 -  La malédiction de la Loi : v. 10-14

            L'Esprit et la chair sont mis en contraste au verset 3. Au verset 10, nous trouvons la malédiction de la Loi en contraste avec la bénédiction du croyant Abraham.

                        3. 1 Les hommes placés sous la malédiction par la Loi

            La malédiction était prononcée contre quiconque ne persévérait pas dans toutes les choses que la Loi exigeait. Personne n'a pu persévérer ; et par conséquent tous ceux qui étaient placés sous la Loi sont devenus des objets de malédiction. Si quelqu'un était « sur le principe des œuvres de Loi » - c'est-à-dire si sa relation avec Dieu dépendait de sa réponse aux exigences de la Loi - c'était suffisant pour qu'il se place sous la malédiction. L'homme étant ce qu'il est, celui qui se tient devant Dieu sur ce principe est perdu.

            Les Juifs, qui avaient la Loi, ne semblent pas avoir réalisé cela. Au contraire, ils considéraient la Loi comme le moyen de leur « justification » ! Se satisfaisant d'une obéissance superficielle à certaines de ses exigences, ils « cherchaient à établir leur propre justice » comme Paul l'exprime en Romains 10 : 3. En agissant ainsi, ils se trompaient complètement, car, dans leurs propres Ecritures, il était écrit : « le juste vivra de foi » (v. 11 ; Hab. 2 : 4). Or la Loi n'est pas basée sur le principe de la foi, mais sur celui des œuvres. L'ensemble du sujet peut se résumer ainsi : par la Loi les hommes sont sous la malédiction et meurent ; par la foi, les hommes sont « justifiés » et vivent !  

                        3. 2 « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi »

            La malédiction prononcée par la Loi était une sentence parfaitement juste. Le Juif, ayant été placé sous la Loi, sans se montrer capable de l’accomplir, était sous sa malédiction ; et celle-ci devait être subie judiciairement pour qu'il en soit délivré. Or cette malédiction a été portée par Christ dans sa mort ; ainsi, le Juif croyant est racheté de cette malédiction. Aux jours de Moïse, une malédiction particulière avait été prononcée sur le transgresseur qui mourait en étant pendu à un bois. Dans les temps anciens, beaucoup ont dû se demander, en lisant Deutéronome 21 : 23, pourquoi la malédiction était ainsi liée à une mort sur un « bois » plutôt qu'à une autre mort, telle que par lapidation ou par l'épée. Maintenant, nous le savons. Au temps convenable, le Rédempteur a dû porter la malédiction pour d'autres, honorant ainsi la Loi en étant pendu au bois. C'est encore un exemple où nous voyons que l'Ecriture avait tout « prévu » !

            Cependant la malédiction a été portée pour ouvrir la porte à la bénédiction. C'est ce que nous dit le verset 14, en présentant la bénédiction de deux manières. Premièrement il y a « la bénédiction d'Abraham » - la justice acquise. Deuxièmement il y a le don de l'Esprit - une bénédiction qui surpasse tout ce qui avait été accordé à Abraham. Voilà la merveille de l'œuvre de Christ : la justice divine repose sur ceux des nations qui croient, autant que sur les croyants qui sont enfants d'Abraham selon la chair. Tous ceux qui croient sont, dans un sens spirituel, les enfants d'Abraham (v. 7).

            A l'époque de l'Ancien Testament, l'Esprit avait été promis (par exemple en Joël 2 : 28-29). Aujourd'hui, nous qui croyons, soit Juifs soit Gentils, nous recevons l'Esprit. Ainsi, par la foi, nous anticipons la bénédiction qui sera parfaitement goûtée dans la période millénaire.

            Pour le moment toutefois, l'apôtre ne continue pas à traiter le sujet du Saint Esprit. Quand nous aborderons le chapitre 4, nous apprendrons quelque chose quant à la signification de son habitation en nous ; et au chapitre 5, nous aurons un développement au sujet de ses opérations.

Notre chapitre poursuit le sujet de la Loi et de la place qu'elle occupe dans les voies de Dieu. Il nous amène à comprendre quelle est la vraie position chrétienne - ainsi qu'elle est présentée dans les premiers versets du chapitre 4 - ce qui constitue le thème central de l'épître. Mais tout d'abord, certaines difficultés sont élucidées. L'apôtre aborde des objections provenant d'une vue erronée du rôle de la Loi, des idées que retenaient les docteurs judaïsants et qu'ils insufflaient sans doute dans l'esprit des Galates.

  

4 -  La Loi et la promesse : v. 15-18

            L'apôtre traite une première objection dans ces versets. Dans l'esprit de beaucoup, l'alliance de la Loi avait complètement relégué dans l'ombre l'alliance de la promesse faite avec Abraham. Mais, comme nous venons de le voir, l'alliance de la Loi amène inéluctablement la malédiction. La bénédiction ne peut être atteinte que par l'alliance de la promesse, qui a son point culminant en Christ. La bénédiction ne peut provenir en partie de la Loi et en partie de la promesse (v. 18). L'héritage de la bénédiction, s'il est par la Loi, ne peut être la promesse, et inversement. Or le fait est que cet héritage est basé sur la promesse.          

                        4. 1 L’alliance ne peut être annulée

            La Loi n'était-elle pas une sorte de « révision » ou de « complément » du testament original ? Absolument pas, car « quand une alliance est confirmée, personne ne l’annule ou n'y ajoute » (v. 15). C'est une vieille ruse des gens malhonnêtes de provoquer le rejet d'un document qu'ils n'aiment pas, en y introduisant un codicille qui contredit tellement la disposition principale que le tout n'a plus aucune valeur sûre. Cela n'est pas permis parmi les hommes, et il est inconcevable que l'alliance de promesse de Dieu soit inférieure aux documents humains ! La Loi, qui n'a été donnée que 430 ans plus tard, ne l'a pas annulée. Elle n'était pas une addition qui modifiait sa merveilleuse simplicité. Ce n'était nullement son intention.

                        4. 2 La promesse prime sur la Loi

            Le verset 16 mérite une mention particulière, non seulement parce qu'il déclare d'une manière indubitable que dès le commencement l'alliance avait en vue Christ et son œuvre rédemptrice, mais aussi en raison de la manière remarquable selon laquelle l'apôtre argumente au sujet de ce que l'Ancien Testament avait prononcé. Conduit par l'Esprit, il s'appuie sur le fait que le mot « descendance » est au singulier et non au pluriel. Cela met en évidence la plénitude de l'inspiration de ce qui a été écrit auparavant.

            L'argumentation de Paul dans ces versets étant acceptée, une nouvelle difficulté peut monter à l'esprit. Si la Loi, donnée plus de 400 ans après Abraham, n'a pas d'effets sur l'alliance précédente, si elle ne l'annule pas et ne la modifie pas, ne semble-t-elle pas manquer de but précis ? Quelqu'un pourrait objecter qu'une telle doctrine laisse la Loi vide de but et de signification, et donner l'impression de poser une question embarrassante en demandant simplement : « Pourquoi donc la Loi » ?

            C'est exactement la question par laquelle commence le verset 19.

 

5 -  La Loi, conducteur jusqu’à Christ : v. 19-29

                        5. 1 La raison d’être de la Loi

            « Pourquoi donc la Loi ? » (v. 19a). La réponse, très brève, semble comporter deux éléments.

                    - Premièrement, la Loi a été donnée pour que les péchés des hommes deviennent, lorsqu'ils la violent, des transgressions bien définies. Ce point est davantage développé en Romains 5 : 13.

                    - Deuxièmement, la Loi avait un but particulier en relation avec Israël, en attendant la venue de Christ : elle montrait combien les Israélites avaient besoin de Lui. Elle avait été ordonnée par des anges, et par un médiateur humain, Moïse. Or la présence d'un médiateur sous-entend qu'il y a deux parties. Dieu est l'une de ces parties ; qui est l'autre ? C'est l'homme. Et comme le contrat dépendait du comportement de l'homme, tout a très vite failli.

            En convaincant les hommes de transgression de façon précise, la Loi a fait une œuvre extrêmement importante. Qu'est-ce qui est juste, qu'est-ce qui est faux ? Qu'est-ce que Dieu demande de l'homme ? Avant que la Loi soit donnée, il y avait une certaine connaissance à ce sujet ; la conscience était également à l'œuvre (Rom. 2 : 14-15). Mais lorsque la Loi arriva, toute imprécision s'évanouit ; pour tous ceux qui étaient sous la Loi, le prétexte d'ignorance disparut complètement ; il n'y avait plus l'ombre d'une excuse possible. Quant à nous, qui ne sommes pas Israélites, nous n'avons jamais été formellement placés sous la Loi. Mais, de fait, nous la connaissons et cela nous soumet au jugement de Dieu d'une manière et dans une mesure inconnues aux personnes n'ayant pas cette connaissance. Alors, prenons garde !

                        5. 2 La Loi est-elle en opposition avec la promesse ?

            Au verset 21, une autre question est soulevée, découlant de la précédente. Certains pourraient conclure que si la Loi n'est pas un complément à l'alliance de la promesse, elle se trouve forcément en opposition avec celle-ci. Or ce n'est absolument pas vrai. Si Dieu avait voulu amener l'homme à la justice par la Loi, il aurait doté la Loi de la puissance de donner la vie. Elle instruisait, demandait, exigeait, menaçait et, lorsqu'elle avait été enfreinte, condamnait à mort le transgresseur. Pourtant rien de tout cela n'était et ne pouvait être efficace. Ce qui était absolument nécessaire était de donner à l'homme une nouvelle vie, dans laquelle il lui serait aussi naturel d'accomplir la Loi que précédemment de l'enfreindre. Cela, la Loi ne pouvait pas le faire ; au contraire elle a prouvé que nous étions tous sous le péché, révélant ainsi notre besoin de ce qui a été introduit par Christ.

            Ainsi la Loi n'est nullement en opposition, mais s'allie harmonieusement, avec tout le reste du merveilleux dessein de Dieu !  

                        5. 3 « La foi étant venue, nous ne sommes plus sous un conducteur »

            Jusqu'à ce que Christ vienne, la Loi a joué le rôle d'instituteur ou de tuteur, en maintenant un certain contrôle. Le verset 24 ne signifie pas que la Loi amène à Christ, mais qu'elle a exercé son contrôle comme tuteur jusqu'à ce que Christ vienne. Lorsque Christ est apparu, un nouvel ordre de choses a été établi, et pour nous, la justification est sur le principe de la foi et non pas sur celui des œuvres.

            Au verset 23, le nouvel ordre de choses qui devait venir est appelé « la foi ». Et au verset 25, nous trouvons l'expression : « la foi étant venue ». Il est clair que la foi existait déjà chez les saints de l'Ancien Testament, comme nous le montre Hébreux 11 et le passage d'Habakuk cité au verset 11 de notre chapitre. Toutefois, lorsque Christ est venu, la foi en Lui a été révélée et la foi a été publiquement reconnue comme le moyen, le seul, par lequel l'homme peut recevoir de Dieu la bénédiction. C'est dans ce sens que la foi est « venue », et sa venue a inauguré une ère entièrement nouvelle.

            Par la foi dans le Christ Jésus, nous avons été introduits dans la position privilégiée de « fils de Dieu » (v. 26). Les croyants sous la Loi étaient comme des enfants « mineurs », sous la tutelle d'un instituteur. Le croyant de l'époque actuelle est comme un enfant ayant atteint sa majorité ; laissant la situation de tutelle derrière lui, il prend sa place comme fils dans la maison de son père. Cette pensée merveilleuse, la pensée maîtresse de cette épître, est plus largement développée dans les premiers versets du chapitre 4. Mais avant d'y arriver, l'apôtre expose trois faits importants dans les trois derniers versets du chapitre 3. 

                        5. 4 « Vous avez revêtu Christ »

            Par notre baptême nous avons, quant à notre profession, revêtu Christ. Si nous avions été circoncis, nous aurions revêtu le judaïsme, et nous nous serions ainsi engagés à accomplir toute la loi en vue de notre justification. Si nous avions été baptisés du baptême de Jean, nous aurions revêtu la robe de la repentance en vue de croire en Celui qui devait venir après lui. Mais si - comme c'est le cas - nous avons été baptisés pour Christ, nous avons revêtu Christ pour que soit pratiquement manifestée en nous la vie de Christ, présentée dans le chapitre 5 comme étant « le fruit de l'Esprit ». Comme fils de Dieu, jouissant maintenant de la liberté de la maison, nous revêtons Christ par lequel nous avons été rendus capables de nous trouver là.

                        5. 5 « Vous êtes un dans le Christ Jésus »

            De plus nous sommes « dans le Christ Jésus » et par conséquent nous sommes tous « un » (v. 28). Toutes les distinctions sont ôtées, qu'elles soient nationales, sociales ou naturelles. Quand nous arriverons au dernier chapitre, nous trouverons que, dans le Christ Jésus, il y a une nouvelle création, et que celle-ci entraîne la disparition de toutes les distinctions appartenant à l'ancienne création. L'œuvre de cette nouvelle création a déjà eu son effet dans nos âmes, mais pas encore dans nos corps. C'est pourquoi, actuellement, nous ne pouvons pas envisager cette disparition des distinctions humaines de façon absolue. Pour cela nous devons attendre d'être revêtus de nos corps glorieux à la venue du Seigneur. Pourtant, dès maintenant, nous sommes dans le Christ Jésus, et nous pouvons apprendre à nous voir les uns les autres en dehors et au-dessus de ces distinctions.

            Remarquons que ce qui est enseigné ici, c'est l'abolition de ces choses dans le Christ Jésus, et non pas dans l'assemblée. Nous disons cela pour mettre en garde contre des idées erronées. Par exemple, dans l'assemblée, la distinction entre homme et femme est maintenue de façon très définie, comme 1 Corinthiens 14 : 34, 35 le montre clairement.

                        5. 6 « Vous êtes de Christ »

            Nous avons déjà rencontré trois choses qui caractérisent le croyant d'aujourd'hui en contraste avec le croyant d'avant la venue de Christ. Nous sommes « fils de Dieu » ; nous avons « revêtu Christ » ; nous sommes « dans le Christ Jésus ». Le dernier verset du chapitre nous présente une quatrième chose : nous sommes « de Christ ». Lui appartenant, nous sommes la semence d'Abraham, dans un sens spirituel. Par conséquent, nous sommes héritiers, non selon la Loi, mais selon la promesse.

 
                                                                                           D’après F. B. Hole
 
A suivre