Méditations suivies : L'épître aux Galates (1)

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L’EPITRE AUX GALATES (1)

 Introduction 
 CHAPITRE PREMIER
          1 - Les salutations : v. 1-5
          2 - L’évangile de Paul : v. 6-12
          3 - Le témoignage personnel de l’apôtre : v. 13-24

Introduction

            Dans son épître aux Galates, l'apôtre Paul a moins pour but d'exposer que de défendre l'évangile. Les fauteurs de trouble qui avaient sévi en Galatie étaient manifestement des Juifs qui, tout en professant leur conversion au christianisme, étaient plus zélés pour la Loi que pour Christ. C'étaient des hommes de la même trempe que ceux qui sont mentionnés en Actes 15 : 1, 5.
            Nous trouvons aussi dans d'autres épîtres des allusions à leur activité malsaine. Par exemple, ils avaient obtenu un certain succès parmi les Corinthiens. Il y a quelques allusions discrètes à eux dans la première épître ; et dans la seconde, au chapitre 11, l'apôtre les condamne ouvertement. C'étaient bien des Juifs (voir 1 : 22), mais l'apôtre ne les considère pas comme de vrais chrétiens (cf. v. 13 et 14). Les chrétiens de Colosses, dans l'épître qui leur est adressée, sont mis en garde contre les séductions de ces gens-là (2 : 14-23), et l'apôtre en touche même un mot aux fidèles Philippiens, lorsqu'il écrit : « Prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde à la concision » (3 : 2).
            Pourtant, leur plus grand succès a certainement été auprès des Galates, un peuple au tempérament changeant. Les « assemblées de la Galatie » avaient largement accepté les idées que ces hommes répandaient, ne réalisant guère qu'elles sapaient les bases de l'évangile qui leur était parvenu par la bouche de Paul lui-même. C'est ce que l'apôtre leur montre dans cette épître. En conséquence, il met l'accent sur les caractères de l'évangile qui mettent à découvert les erreurs contenues dans ces idées nouvelles. Il leur montre qu'ils avaient été entraînés à abandonner le terrain de la grâce, en ce qui concerne leurs pensées et leur état spirituel. La gravité de cet égarement explique le langage réservé et le ton sévère de cette épître.

 
 
 
CHAPITRE PREMIER
          
1 - Les salutations : v. 1-5
 

                        1. 1 L’apostolat de Paul reçu directement de Dieu

            En commençant sa lettre, Paul présente son apostolat, et souligne qu'il l'a reçu directement de Dieu. Il ne lui avait pas été transmis par un homme, pas même par les douze qui avaient été choisis avant lui. Les hommes n'en étaient pas la source, ni le canal par lequel il l'avait reçu. Dieu en était la source, et il lui avait été transmis par Jésus Christ. Ainsi, l'apôtre avait une pleine autorité que n'avaient pas les docteurs judaïsant ; ceux-ci, qui avaient amené le trouble, pouvaient tout au plus prétendre être les émissaires des frères de Jérusalem. En outre, ainsi qu'il le relève, tous les frères qui étaient avec lui au moment où il écrivait la lettre s'associaient avec ce qui y était écrit. Il y avait tout le poids possible derrière ses déclarations.

                        1. 2 Les destinataires de l’épître 

            On remarque que Paul n'écrit pas ici à une seule assemblée de chrétiens, mais aux assemblées de la province de Galatie, qui avaient manifestement toutes été affectées de la même manière. L'évangile leur était parvenu par l'œuvre de Paul ainsi que les versets 11 à 15 du chapitre 4 le laissent entendre. Ils l'avaient accueilli à bras ouverts et avaient paru lui être très attachés. Des miracles avaient été opérés parmi eux (3 : 5) ; cela avait été une période merveilleuse. Aucune opposition ne paraît avoir eu lieu ; personne n'avait malmené Paul. Pourtant, dans les Actes, tout cela est passé sous silence. Il est seulement dit qu'ils « traversèrent... le pays de Galatie » (16 : 6) et que plus tard, Paul « traversa... le pays de Galatie... fortifiant tous les disciples » (18 : 23).
            Tout cela est significatif. C'est manifestement une période où le travail s'est fait en surface - où le sol était rocailleux. Gardons-nous bien de déprécier le travail de semeur. Tout semblait magnifique ; pourtant le Saint Esprit connaissait dès le début ce qui se trouvait sous la surface ; et lorsque Luc a été inspiré pour écrire son second traité, cette période apparemment merveilleuse en Galatie est rapportée de façon extrêmement succincte.

 

                        1. 3 La base de la foi chrétienne

            Dans les salutations qui ouvrent l'épître, le Seigneur Jésus est présenté d'une manière très remarquable. Il « s'est donné lui-même pour nos péchés », mais c'était dans le but de nous « retirer du présent siècle mauvais » (v. 3).
            En parcourant cette épître, nous verrons comment la Loi, la chair et le monde vont toujours ensemble. La Loi a été donnée pour mettre un frein à la chair, et ainsi pour faire du monde ce qu'il devrait être. En réalité, elle n'a rien fait de cela, mais elle a révélé la chair et le monde dans leurs vrais caractères. D'un autre côté nous allons voir que la grâce de l'évangile introduit la foi et l'Esprit, et qu'elle délivre du monde, qui est considéré comme déjà condamné.
            Le « présent siècle » ici, c'est le « monde » ou le « train de ce monde ». C'est le système du monde plutôt que les gens qui le composent. C'est un système très présent aujourd'hui, mais il est jugé et condamné ; c'est pourquoi Dieu veut que nous en soyons délivrés et c'est dans ce but que le Seigneur Jésus est mort pour nous.

 
 
 
2 - L’évangile de Paul : v. 6-12
 

                        2. 1 L’étonnement de l’apôtre 

            Au verset 6, Paul aborde directement le sujet principal de sa lettre. L'évangile qu'il avait prêché aux Galates les avait placés dans la grâce de Christ, et maintenant ils s'étaient tournés vers un enseignement différent, qui n'était pas un évangile du tout. L'apôtre exprime son étonnement en face de cette folie. Nous pouvons ressentir, en lisant ces paroles solennelles, la brûlante indignation qui le remplissait. Ces croyants s'attachaient à « un évangile différent », qui n'en était « pas un autre ». Ils imaginaient peut-être qu'ils avaient reçu une version revue et améliorée de l'ancien enseignement. Mais ce n'était pas le cas. C'était un enseignement radicalement différent et faux.

                        2. 2 Un jugement solennel prononcé par Paul 

            Au verset 8, Paul envisage l'hypothèse dans laquelle lui-même pervertirait de cette façon l'évangile de Dieu, ou même qu'un ange venu du ciel le fasse – non un ange déchu, mais un ange venant de la présence de Dieu. Sur lui-même comme sur l'ange, il prononce alors solennellement la malédiction de Dieu. Puis, comme s'il prévoyait que certains vont le trouver extrême dans sa condamnation et l'en reprendre, il répète sa malédiction en l'accentuant encore. Il est clair que ni lui ni un ange venu du ciel n'allaient pervertir l'évangile, mais certains hommes l'avaient fait parmi les Galates ! C'est pourquoi il dit : « si quelqu'un... » (v. 9).
           Si certaines personnes pensent qu'on a simplement ici un accès de mauvaise humeur contre des prédicateurs concurrents, qu'elles considèrent ce qui est impliqué dans cette affaire ! Elles verront bien vite que la malédiction prononcée est une malédiction de Dieu appuyée de tout le poids de son autorité.
            Qu'est-ce donc qui était impliqué ici ? Pour répondre, donnons une illustration. Pensez-vous qu'une personne qui, en cachette, verse du poison dans le verre de quelqu'un mérite d'être condamnée. Très certainement ! Alors, d'après vous, que mérite quelqu'un qui verse, au plus profond de la nuit, un tonneau entier de poison dans la réserve d'eau potable d'une ville ? Vous n'avez pas de mots assez forts pour exprimer l'horreur que vous inspire une telle action. Or ici, nous trouvons des hommes qui pervertissaient le message qui est la seule source de salut et de vie spirituelle pour un monde perdu. Quel est le langage que peut employer l'Esprit de Dieu pour exprimer son horreur d'une telle action ? Il ne peut que prononcer la solennelle malédiction de Dieu.

            Vous remarquerez que ces hommes ne contredisaient pas l'évangile mais le pervertissaient. Pour une seule personne qui contredit ouvertement l'évangile, vous en trouverez beaucoup qui le pervertissent. Adroitement, ils y font le changement subtil qui falsifie entièrement son vrai caractère. Soyons sur nos gardes.

                        2. 3 Le désir d’être « esclave de Christ » 

            Le motif réel qui se cachait derrière les enseignements de ces gens était le désir de plaire à l'homme. C'est ce que nous découvre le verset 10. Plus loin dans l'épître, nous verrons qu'ils voulaient se glorifier dans la chair et s'attacher les Galates comme disciples. Ils désiraient plaire aux hommes, afin que ceux-ci, satisfaits, les suivent et deviennent leurs disciples. Ainsi, à l'arrière-plan de tout cela, il y avait le but de s'exalter soi-même.
            En contraste avec eux, l'apôtre Paul était le vrai serviteur de Christ. Il cherchait à plaire à Christ et non aux hommes. Ceux-ci pouvaient le blâmer ou le louer, ce n'était pas très important pour lui ; peu lui importait en effet l'avis des autres, et c'était également vrai quant au jugement des autres apôtres, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant. Paul avait reçu directement du Seigneur l'évangile qu'il prêchait, et cela l'élevait bien au-dessus des opinions humaines.

                        2. 4 L’évangile reçu « par révélation de Jésus Christ »

            Aucun prédicateur aujourd'hui ne peut se prévaloir de la position de Paul. Il serait entièrement déplacé d'adopter le même ton d'autorité que lui. L'évangile nous a été prêché par des hommes. La Parole de Dieu n'est pas venue de nous ; elle est venue à nous (voir 1 Cor. 14 : 36). Pour cette raison, nous faisons bien d'écouter avec soumission ce que nos frères ont à dire, même lorsqu'ils jugent nécessaire de nous reprendre. Mais de toute manière, la cour d'appel finale est la Parole de Dieu.
           Soyons aussi attentifs à ne pas avoir comme but de plaire aux hommes. L'évangile même que nous avons reçu, et que peut-être nous prêchons, devrait nous préserver de cela, car il « n'est pas selon l'homme », comme le dit le verset 11. Il est vrai que s'il nous est parvenu sous une forme défectueuse ou mutilée, nous pouvons bien ne pas avoir réalisé son vrai caractère. Mais c'était le caractère de l'évangile que Paul prêchait : l'homme n'en était pas la source. L'homme n'était pas non plus le moyen de communication par lequel Paul l'avait reçu. Il l'avait reçu par une révélation directe du Seigneur Jésus. Il le tenait directement de Dieu, tout comme son apostolat, ainsi que nous l'avons vu au verset 1. En conséquence, cet évangile avait le sceau de Dieu, et non celui des hommes.
            L'évangile a donc pour trait caractéristique d'être « selon Dieu » et non « selon l'homme ». Ce qui est selon l'homme honore l'homme, le flatte, le glorifie. L'évangile déclare à l'homme la triste vérité à son sujet, mais il glorifie Dieu et accomplit ses plans.

            Nous avons donc entre nos mains un test efficace pour discerner si ce que nous entendons comme évangile est réellement « l'évangile » ! On entend dire, par exemple : « Oh ! j'aime écouter tel et tel ; il parle bien ; il a du bon sens. Il a confiance en l'humanité ; cela nous redonne de l'espoir et de la satisfaction, dans ce monde plein de mécontentement ». Un message qui a ce caractère est complètement « selon l'homme », et par conséquent agréable à l'homme naturel. Mais ce n'est pas l'évangile de Dieu.
            A première vue, il pourrait sembler que ce que Paul dit ici est en contradiction avec ce qu'il déclare dans le dernier verset de 1 Corinthiens 10. Mais si on lit ce chapitre entier, ainsi que celui qui le précède, on voit que là, son but est d'encourager les chrétiens à avoir le plus possible d'égards et de soins pour leurs frères plus faibles, et pour tous les hommes. Ainsi, ils doivent éviter tout ce qui pourrait blesser et chercher le profit de tous. Ici, par contre, il est question de la vérité de l'évangile. Il faut résister énergiquement à tout ce qui tendrait à l'altérer, ou à lui enlever quoi que ce soit pour plaire aux hommes. A cet égard, aucun compromis ne peut être accepté.

 
 

3 - Le témoignage personnel de l’apôtre : v. 13-24

            Depuis le verset 13 jusqu'à la fin du chapitre, l'apôtre raconte une partie de son histoire. Il le fait manifestement dans le but de confirmer ce qu'il vient d'affirmer au verset 12.


                        3. 1 La conduite de Paul dans le judaïsme avant sa conversion 

            Premièrement, Paul rappelle ce qui le caractérisait lorsqu'il n'était pas converti. Sa vie avait uni un grand zèle pour les traditions juives, un avancement dans le judaïsme dépassant celui de ses contemporains, à une détermination farouche à persécuter l'assemblée de Dieu.
            A deux reprises dans les versets 13 et 14, l’apôtre parle du « judaïsme ». C'est très significatif, car les Galates étaient tombés dans le piège qui consistait à essayer d'amener l'esprit de cette religion dans l'évangile. Paul désirait qu'ils réalisent que bien loin d'être un complément à l'évangile, le judaïsme lui était hostile. Lui-même en avait été absolument retiré par sa conversion.

 
                        3. 2 « Il plut à Dieu… de révéler son Fils en moi » 
  
            Trois étapes de l'histoire de Paul sont clairement mises ici en évidence pour nous :              
                - premièrement, Dieu l'a mis à part avant sa naissance.

                - deuxièmement, il a été appelé par la grâce de l'évangile.

                - troisièmement, Dieu a révélé son Fils en lui, afin que celui-ci puisse être le thème de son témoignage parmi les nations.
 
            Bien que Paul ait été Hébreu de naissance, il avait autant besoin d'être mis à part que s'il avait été un païen ; il a été séparé du judaïsme - un point très important pour les Galates. De plus, il a été mis à part pour le service de Dieu, service dont le caractère a été déterminé, pour lui, par la nature de la révélation qu'il a reçue.
            C'était la révélation du Fils de Dieu et pas seulement celle du Messie d'Israël. Le Seigneur Jésus était les deux, bien sûr, mais c'est sous le premier de ces caractères qu'il est apparu à Paul. C'est ainsi qu'il lui est apparu depuis la gloire. Depuis ce grand événement sur le chemin de Damas, Paul a su que ce Jésus de Nazareth qu'il avait méprisé était le Fils de Dieu. Et ceci n'est pas seulement une chose qui lui fut révélée, mais qui fut révélée en lui.

            L'utilisation de la préposition « en » indique que la révélation faite a été profonde et efficace en Paul. Si vous allez dans un observatoire, on vous permettra peut-être de regarder la lune à travers un grand télescope. Vous percevrez les merveilles de sa surface, de ses montagnes, de ses cratères. Pourtant, bien que révélées à votre œil, ces choses ne seront pas dans votre œil, car au moment où vous le retirerez du télescope, tout disparaîtra. Mais si l'astronome fixe un appareil photographique à l'extrémité du télescope, y met une plaque sensible pendant le temps convenable et fait subir à celle-ci les traitements chimiques nécessaires, une image apparaît sur la plaque. Ce qui était seulement révélé à l'œil est maintenant révélé dans la plaque et cela, de manière définitive. Il en était ainsi pour Paul. Le Fils de Dieu dans la gloire avait produit une impression permanente en Paul, et ainsi il était capable de le prêcher comme quelqu'un qu'il connaissait, et non seulement comme quelqu'un dont il connaissait quelque chose.

            C'était cela qui caractérisait le service et le ministère – uniques - de l'apôtre Paul ; c'était aussi ce qui, dès le début, l'avait élevé au-dessus de la dépendance des autres hommes, même des plus distingués d'entre eux. C'est pour cela qu'il n'avait pas eu besoin d'aller à Jérusalem immédiatement après sa conversion.
 
 
                        3. 3 Le début de la marche chrétienne de l’apôtre
           
            Trois ans s'étaient écoulés avant que Paul ne voie l'un de ceux qui étaient apôtres avant lui. Même alors, il n'avait vu que Pierre et Jacques, et pour une courte période.
            En Actes 9, il n'est pas fait mention de sa visite en Arabie ; de sorte que l'on ne peut faire que des suppositions quant au moment où elle a eu lieu. Elle se situe très probablement entre les versets 22 et 23 de ce chapitre. Ainsi, l'épisode de sa fuite de Damas, dévalé dans une corbeille par-dessus la muraille (Act. 9 : 25), aurait eu lieu après son retour d'Arabie. S'il en est ainsi, sa visite à Pierre a eu lieu juste après cet événement. Quoi qu'il en soit, l'apôtre insiste sur l'exactitude de ce qu'il écrit aux Galates. Il souligne le fait que les assemblées de Judée n'avaient appris sa conversion que par ouï-dire, et qu'elles glorifiaient Dieu pour la grâce et la puissance qui avaient transformé en un serviteur de Dieu le violent persécuteur qui les avait fait souffrir.

            Soulignons que tous ces détails historiques sont donnés pour nous faire réaliser que l'évangile dont Paul était le héraut lui était parvenu directement du Seigneur.

 
 

                                                                                      D’après F. B. Hole

 
A suivre